Un peu d'histoire...

Ce jardin commémore une page sombre de la Révolution française.

  • Dès 1794, les prêtres qui refusent de prêter le serment constitutionnel à la Révolution peuvent être arrêtés et ces prêtres dits « réfractaires » ou « insermentés » doivent quitter la France sous peine de déportation en Guyane. Finalement, on décide de les conduire, en convois et à pieds, depuis leur résidence vers les ports les plus proches, Bordeaux ou Rochefort, jusqu’à ce qu’on dispose de navires pour les transférer en Guyane.

        (1494 prêtres vers Bordeaux, 829 vers Rochefort, de mars à juillet 1794)

  • Enfermés d’abord dans les prisons rochefortaises, ils sont finalement déplacés sur deux navires négriers amarrés dans l’estuaire de la Charente, dans des conditions cauchemardesques d’hygiène et de dénuement. La mortalité est épouvantable, les corps sont jetés à la mer mais la marée les rejette sur le rivage. On décide de les inhumer sur l’île d’Aix. D’autres seront débarqués sur l’île Madame dans un état d’extrême faiblesse et ne survivront pas.

  • C’est en 1795 que les derniers survivants (à peine le quart des 829 prêtres arrivés à Rochefort) sont débarqués et libérés. Ce sont donc plus de 300 prêtres qui ont été enfouis dans les vases aixoises ou sur l’île elle-même.

  • En 1880, des ossements sont trouvés lors de travaux aixois sur les batteries de Jamblet et de Tridoux. Ils sont transférés d’abord dans la crypte de l’église Saint-Martin puis dans le maître-autel .

  • En 1933, une croix mémorielle est élevée avec le nom des prêtres déportés.

       ( sources: prêtres-deportes.rabany.eu et Wikipedia : pontons_de_Rochefort)

  • En lieu et place du Calvaire actuel, il avait été question de construire une chapelle et même… une basilique. Jusqu’à la 2ème guerre mondiale, ce lieu était l’objet d’un pèlerinage annuel des Aixois et des insulaires environnants.

  • Vraisemblablement à cause de la modification sociologique de la population de l’île et du recul des croyances religieuses, le jardin a progressivement fait l’objet d’une forme d’indifférence pour devenir presque un terrain vague, un parking à bateaux.

  • A la suite du transfert par l’évêché de la gestion de ce lieu à la mairie, la construction du muret et la plantation d’un arbre il y a quelques années visaient à redonner au jardin une forme d’intégrité.

 

Aujourd’hui …

On peut aujourd’hui y incorporer les préoccupations environnementales des insulaires ou des passants d’une journée, pour que chacun y retrouve, selon ses centres d’intérêt, une dimension écologique, esthétique, historique, spirituelle ou philosophique…